Pour une présidence apaisée 2

Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, des propos du candidat Nicolas Sarkozy et de ses supporters stigmatisent « les pensionnés » en les dévalorisant face aux « actifs » et autres héros d'un activisme forcené et suicidaire.

Pensionné parce que bénéficiaire de la solidarité nationale, vivant grâce à elle et actif pour elle, je suis un de ces citoyens qu'on voudrait instrumentaliser et qui s'en indigne. Oui je suis pensionné et j'en remercie la communauté. Non je n'en ai pas honte, car ces pensions qu'on voudrait rendre honteuses me permettent depuis trente ans non seulement de vivre mais surtout de contribuer à l'effort commun, d'exprimer ma solidarité et de mieux soutenir en étant soutenu. Depuis trente ans, j'ai aussi compris que celui qui prétend me sauver n'a pas toujours raison, qu'il empiète parfois sur ma liberté et qu'il justifie de nombreux abus de pouvoir.

Ce que je tire de mon expérience de l'invalidité et de la situation de pensionné qui est mise aujourd'hui sur le pilori, je veux le transmettre à mes concitoyens pour que cette situation de pensionné ne soit plus seulement synonyme d'inactivité et d'attentisme, mais tout au contraire à la source d'un contrat social qui permette à chacun, le citoyen et la collectivité, de gagner en dignité.

Oui je refuse l'escalade qui est en train de se jouer, je refuse d'abdiquer et je mets toute mon énergie au service d'une perspective commune et solidaire.

Je soutien François Hollande parce qu'il incarne une présidence apaisée, participative et solidaire. Je ne veux pas de cette nation qui stigmatise les plus faibles, refuse l'étranger tout en continuant à lui envoyer les reflets de ses richesses via les images numériques de ses délires consuméristes. Je voudrais avec tous ceux qui voudront s'y engager, pouvoir construire un monde plus ouvert, non pas en m'exprimant comme « personne handicapée » mais comme un citoyen soumis à des restrictions de capacités, un de ces « petits qui souffre » et très inquiet sur l'avenir de son pays. Les murs qu'on voudrait construire pour se protéger des immigrants n'apporteront que la noirceur de l'ombre, et seule l'ouverture peut permettre aux lumières du génie français d'éclairer une nouvelle fois le monde. C'est le défi qui nous fait face, le peuple français en a les capacités et « les miséreux » de ce monde en sont la clef.

Parmi les représentants des Français « intouchables », qu'il soient pauvres ou riches, je veux continuer à croire au génie humain, et comme je la vois chaque jour à l'oeuvre autour de moi, en la capacité humaine à dépasser les possibles, à inventer, à trouver, à construire, même quand tout semble perdu, même sans voix, sans vue, sans geste ou sans raison. Citoyens d’exception, les pensionnés dits « inactif » reconnus « handicapés » montrent pourtant chaque jour que la capacité au bonheur est intimement liée à la qualité des relations entretenues avec les autres autant qu'avec l'environnement.

C'est dans cette recherche d'une relation apaisée avec les autres et avec le monde qui nous entoure que je soutiens le candidat le plus apte à conduire les français dans cette voie, François Hollande.


Paris, le 02 Mai 2012

accompagnées © Jean-Luc Simon, PREMIÈRE MISE EN LIGNE LE 01/01/01